A cette époque, la scène jazz n'est pas très présente en Caroline du Nord et il est donc assez difficile de s'y produire professionnellement. Tal Farlow souffre d'asthme, ce qui l'empêche de travailler dans l'activité principale de la région qui est le coton. Il devient alors peintre d'enseignes, profession qu'il exercera tout au long de sa vie en parallèle de sa carrière de musicien.
Tal ne commencera réellement à jouer de la guitare qu'à partir de 1942, à l'âge de 21 ans, avec le pianiste Jimmy Lyons. Il se fait ensuite remarqué par la chanteuse et pianiste Dardanelle Breckenridge, avec qui il part à New-York pour une tournée de six mois. Tal Farlow découvre la frénétique scène New-Yorkaise et jouent essentiellement à Baltimore et à Philadelphie. Il ressortira de cette période son premier enregistrement en tant que sideman avec le disque Gold Braid, enregistré en 1945 avec le Dardanelle Trio.

Face A
A New-York, Tal Farlow continu de travailler comme peintre d'enseignes le jour, tandis qu'il joue dans les clubs la nuit. Il rencontre les guitaristes Sal Salvador et Jimmy Raney, puis en 1946, commence à travailler avec la vibraphoniste Marjorie Hyams dans un club où joue également le trio de Charlie Parker. En 1948, il est embauché par Buddy DeFranco et part pour Los Angeles, où de 1949 à 1953 il intégrera ensuite le trio de Red Norvo avec Charles Mingus. Ce trio développe un " jazz de chambre " très efficace et permet à Tal Farlow de progresser dans son jeu et d'accéder au rang des musiciens reconnus et appréciés par la critique.

En 1953, Tal Farlow quitte pour quelque temps le trio de Red Norvo et revient sur la côte est où il enregistre trois disques en tant que sideman : New Faces - New Sounds et Vol.2 avec Gil Mellé et Vol.2 avec Howard McGhee. C'est également à cette période qu'il rejoint un bref instant, toujours en tant que sideman, les Gramercy Five de Artie Shaw.
Réf. The Last Recordings Rare and Unreleased
Avant de rejoindre de nouveau le trio de Red Norvo qui compte maintenant Red Mitchell à la basse et Jimmy Raney à la guitare, c'est en 1954 sous le label Blue Note, que Tal Farlow enregistre son premier disque en tant que leader. Il s'agit de l'album Tal Farlow Quartet, dans lequel il joue avec le guitariste Don Arnone.
En 1954, récompensé par la revue Downbeat dans la catégorie " nouveau talent ", sa réputation est maintenant inscrite aux côtés de grands noms du jazz. Tal Farlow commence à enregistrer sous son propre nom une série de disques qui l'inscriront définitivement comme étant l'un des plus grands guitaristes de jazz de tous les temps. Ces disques, notamment Autumn in New York, The Tal Farlow Album, The Guitar Artistry of Tal Farlow et The Swinging Guitar of Tal Farlow, vont révéler un musicien doué d'une imagination exceptionnelle dans le phrasé et d'une technique ahurissante de rapidité. Ces disques lui permettront également de remporter plusieurs prix et de devenir une référence pour beaucoup de guitaristes.

s'installe à Sea Bright dans le New Jersey. Il reprend les pinceaux et vit de son activité de peintre d'enseignes, tout en jouant de temps en temps dans les petits clubs locaux. C'est durant cette période qui va durée de 1959 à 1967 et pendant laquelle Tal Farlow n'enregistrera aucun disque, que la firme Gibson en 1962, développera avec sa participation, un modèle en son nom. Ce modèle " prototype " était inspiré d'une ES-350 et équipé d'un micro Charlie Christian. C'est à partir de cette guitare que fût conçu le modèle Tal Farlow, fabriqué à un peu plus de 200 exemplaires entre 1962 et 1967. La production de ce modèle, prisé par les collectionneurs, a été relancé en 1994.
En 1967, il range ses pinceaux pour participer à l'album Up, Up And Away de Sonny Criss, puis intègre la scène du festival de jazz de Newport, avec le pianiste George Wein. Une tournée de quelques mois s'en suivra ainsi qu'un disque enregistré en live en 1969 nommé George Wein's Newport All Stars. Mais le retour officiel de Tal Farlow aura lieu en 1969 avec l'album The Return of Tal Farlow. Retour provisoire puisque le guitariste disparaît de nouveau de 1970 à 1975.

Face B
Ce n'est qu'en 1976 que Tal Farlow revient dans les studios avec la maison de disque Concord et qu'il recommence à enregistrer régulièrement. Il se lance dans des tournées à travers le monde entier et fait de nouveau l'unanimité du public. N'en déplaise à ceux qui le croyaient éteint après son exile, Tal Farlow nous lègue entre 1976 et 1981 une deuxième volée de chefs d'œuvres, dont A Sign of the Times, Chromatic Palette ou encore The Legendary Tal Farlow. Cette période sera aussi riche en collaboration puisqu'il participe au Great Guitar Trio avec Herb Ellis, Charlie Byrd et Barney Kessel. A noter également des duos avec Lenny Breau sur l'album Chance Meeting ou encore avec le français Philippe Petit sur Standards Recital.
Disque rayé...
Suite au décès de sa femme en 1994, il arrête ses tournées mondiales et ne joue plus qu'aux Etats-Unis. En juin 1996, il partage la scène du Merkin Hall à New York lors du JVC Jazz Festival qui lui ait dédié. Il se remarie en 1997 avec Michelle Hyk, mais en août de la même année, les premiers signes d'un cancer de l'œsophage lui sont diagnostiqués. Tal Farlow ne joue alors presque plus en public, mais continu malgré tout à enseigner et à jouer, ce qu'il fera jusqu'à son dernier souffle. Le cancer finira par l'emportera un an plus tard, le 25 juillet 1998, à l'âge 77 ans.