Voilà un nom qui évoque immédiatement l’Amérique dans tous ses clichés, l’Amérique ouvrière et profonde, les paysages infinis comme les villes grises noyées dans le brouillard...
C’est bien là l’un des plus grands talents de l’artiste qui sait si bien raconter des histoires, voire l’Histoire dans ses chansons, et parler de sa terre sans toutefois tomber dans le patriotisme bête et méchant.
Et oui qu’on se le dise, « Born in the USA » n’est pas un hymne chauviniste, bien au contraire ! C’est une critique acerbe de la guerre que menait son pays à l’époque (le Viet-Nam) et comme il l’aime son pays, il le châtie bien !
Cependant, lorsqu’on n’écoute pas les paroles et qu’on se focalise sur le refrain, l’essentiel du message disparaît pour laisser la place à l’un des plus grands malentendus de l’histoire du rock... On va donc corriger ça.
Born in the USABruce Springsteen nait « in the USA » donc, plus précisément à Long Branch dans le New Jersey le 23 septembre 1949.
Très tôt il se passionne pour la musique et apprend la guitare sous la double influence d’Elvis Presley et de Bob Dylan, les deux extrêmes du spectre de la musique populaire américaine.
Il forme le E Street Band composé d’amis à lui, originaires du New Jersey, et sort coup sur coup ses deux premiers albums en 1973 « Greetings From Asbury Park, New Jersey » et «The Wild, The Innocent and The E Street Shuffle ».
Malgré d’excellentes critiques, le succès reste assez restreint et il faudra attendre « Born to Run » en 1975 pour que « le Boss » explose littéralement.
Album cultissime, il contient les titres « Born to Run », « She’s the One » et la ballade fabuleuse « Thunder Road » et fait dire de lui qu’il serait « le futur du rock n’ roll ».
L’alliance de sa voix rocailleuse et de la sensibilité de son interprétation séduisent l’Amérique, puis le monde entier, c’est le début de la « Bossmania ».
Refusant de n’être qu’une star de la pop, il concentre son écriture sur des thèmes graves et profonds, des problèmes sociaux à l’amour et l’espoir et sort en 1978 « Darkness on the Edge of Town », l’un de ses plus beaux albums où l’on retrouve entre autres « Badlands », « Factory » et « Darkness on the Edge of Town », l’un de ses textes les plus poignants.
Dans le même esprit, « The River » sort en 1980 et confirme son statut de poète folk amoureux de Dylan et Woody Guthrie, avec ce côté rock que n’avaient pas ces deux chantres du folk traditionnel. Si Dylan était le « barde », Springsteen se voit plus en héraut (héros ?) de sa génération.
The Glory Days
Les années qui suivirent sont celles sont miraculeuses pour le Boss… Il sort successivement ses deux meilleurs albums, « Nebraska » en 1982 et « Born in the USA » en 1984.
Le premier est dépouillé et d’une simplicité qui frôle la perfection, enregistré seul avec sa guitare et son harmonica, il nous emmène dans une ballade émouvante et unique d’ «Atlantic City » à « Nebraska » en passant par les tristes aventures de « Johnny 99 »… Chef d’œuvre ultime.
Une chanson ne sera pas retenue sur ce disque et donnera son nom à l’album suivant, réorchestrée et refondue, « Born in the USA », où Springsteen lâche tout ce qu’il avait contenu sur « Nebraska ». Les guitares claquent, les saxophones hurlent, l’orgue organise et les hymnes s’enchaînent : « Born in the USA », « Downbound Train », « I’m on Fire », « I’m going down », « Glory Days », « Dancing in the Dark », « My Hometown »…
Plus rien ne pourra déboulonner Springsteen de son trône désormais.
Albums solo1987-1995: le boss sans le "E Street Band"Après un dernier album avec le E Street Band en 1987, « Tunnel Of Love », qui montre un Boss plus introspectif (« Tougher than the Rest », « Brilliant Disguise »), il se lance dans une série d’enregistrements solo qui, s’ils restent de qualité, déçoivent par leur manque d’originalité (le double album « Lucky Town »/ »Human Touch »).
Dans le même temps, il signe en 1993 l’une de ses plus belles chansons, « The Streets of Philadelphia » pour la bande originale du film de Jonathan Demme.
A l’occasion de son premier Best Of en 1995, il retrouve le E Street Band pour enregistrer quelques inédits et sentant le moment venu, il décide de reprendre l’aventure là où elle s’était arrêtée dix ans auparavant et enregistre son dernier album solo afin de boucler la boucle, « The Ghost of Tom Joad », son meilleur sans le E Street Band.
Le thème de ce disque, très proche musicalement de « Nebraska », est « Les Raisins de la Colère » de John Steinbeck, un ouvrage très engagé sur la condition ouvrière.
Bruce Springsteen
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